Blogue Michel Lacroix | Les cauchemars de la formule par trou

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De tous les tournois au calendrier du circuit PGA Tour, le Championnat par trou Dell Technologies, est probablement celui qui cause le plus de maux de tête aux organisateurs et aux diffuseurs de l’évènement. Voici pourquoi.

 

Michel Lacroix | MonGolf.ca

Collaboration spéciale

 

Ce tournoi est le seul rendez-vous individuel de la saison qui soit disputé selon la formule de jeu par trou. Certes, la Coupe Ryder et la Coupe des Présidents se déroulent aussi de la même façon, mais il s’agit de compétitions en équipes.

 

Lors de ce championnat, entre 1999 et 2015, les joueurs étaient confrontés à une élimination directe dès le premier tour. Très souvent, les favoris étaient évincés sans même avoir disputé 18  trous de compétition.

 

Au cours des dernières années, les 64 golfeurs invités jouent au moins trois trous dans un premier mini-tournoi rotation. Les meilleurs de chacun des 16 groupes accèdent à la ronde suivante et les vainqueurs de chaque match se frayent ainsi un chemin jusqu’à la finale.

 

Un cauchemar

Pour les organisateurs et commanditaires, c’est un véritable cauchemar: ils ne peuvent qu’espérer voir les têtes de série se retrouver en grande finale.

 

À titre d’exemple, cette année, les cinq premières têtes de série ont plié bagages après la première ronde.

 

Un autre casse-tête les préoccupent : comment aménager les installations en fonction d’une compétition qui ne donne aucune garantie que tous les joueurs se donneront en spectacle jusqu’aux 17e et 18e trous?

 

C’est là où, généralement, sont installées les luxueuses loges corporatives dont la vente vient enrichir les coffres des promoteurs de l’évènement. Il faut donc envisager des options de revenus différentes. Mais qui donc voudra se contenter de voir passer les joueurs aux 11e, 12e et 13e trous sans pour autant assister de visu à l’issue des rencontres?

 

Autant le spectacle est relevé pour la Coupe Ryder et la Coupe des Présidents, autant il est difficile de maintenir un intérêt soutenu de la part des téléspectateurs au fur et à mesure que progresse le tournoi régulier. La raison ? Tout simplement parce que rendu à un certain moment, il n’y a plus qu’un maximum de quatre joueurs sur le parcours. L’an passé, Bubba Watson avait pulvérisé Kevin Kisner en finale par un score de 7 et 6. Adieu suspense.

 

Des exigences à soutenir

Même avec les meilleurs acteurs, le problème demeure entier pour les organisateurs et les diffuseurs de cette compétition par trou. Le spectacle manque de rythme et de personnages. La formule de jeu est intéressante, mais ne convient pas aux exigences économiques et médiatiques qui prévalent actuellement dans les sports professionnels. Tiger Woods aurait pu, à la limite, sauver la mise en se rendant en finale. L’an passé, il avait permis à NBC de faire grimper les cotes d’écoute de 206 % par rapport à l’année précédente lors de la dernière ronde du Championnat Valspar.

 

Mais quand il a raté un petit coup roulé au 18e trou en quart de finale le samedi, pour être ainsi éliminé, on savait tant chez les organisateurs que les diffuseurs, que la finale serait présentée par un temps grisâtre, et c’est exactement ce qui s’est passé.

 

Voilà qui démontre qu’en fin de compte, la formule matchplay convient peut-être mieux aux golfeurs amateurs qui sont un peu las de la formule par coup ou qui veulent tout simplement vivre quelque chose de différent.

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